SAP vient d’annoncer officiellement le rachat de la start-up californienne Coghead, éditeur d’une plate-forme dédiée au « Cloud computing ». L’outil permet de créer des applications Web par un système de drag & drop donc accessible aux personnes sans qualification informatique. Rien de très étonnant lorsque l’on sait que SAP figure déjà depuis plus de deux ans au capital de la société.

SAP va donc utiliser le rachat de Coghead dans une optique de développement interne de son offre Saas (Software-as-a-Service), technologie encore relativement peu développée chez SAP.

Mauvaise nouvelle pour les utilisateurs des services de Coghead, SAP ne prévoit pas de poursuivre l’exploitation commerciale des solutions Coghead.

Le « Cloud computing » ou l’informatique de demain

Est –ce un concept réellement nouveau ou l’évolution du concept mieux connu sous le nom de SaaS ?

Le « Cloud » ou nuage en français est l’image utilisée dans le monde informatique pour symboliser Internet. L’idée de ce concept repose sur la possibilité de disperser un système d’information sur des infrastructures répartis dans le monde entier. Ainsi sont mis en commun la puissance de calcul et de mémoire de serveurs et d’ordinateurs localisés n’importe où dans le monde. Ces ressources virtuelles sont reliées entre elles par Internet et crées ainsi un réseau informatique considérable et modulable. Le « Cloud computing » ne peut être dissocié d’une démarche de type SOA (Service-Oriented Architecture).

Le Cloud permet une livraison de services, produits et solutions en temps réel par le biais d’Internet.

L’idée sous-jacente du concept est l’externalisation des systèmes informatiques donc d’une remise en question de la DSI.

La virtualisation des serveurs a plusieurs avantages pour les entreprises :

  • A partir du moment où la puissance de calcul et de stockage de l’information serait proposée comme un service à la demande, les entreprises n’auraient plus besoin de serveurs propres donc cela pourrait engendrer une réduction des investissements du parc informatique.

  • En cas de panne ou incident, un serveur virtuel peut être déplacé presque instantanément. Le matériel est alors mutualisé.
  • La dématérialisation du matériel apporte une autre dimension. La puissance des machines est optimisée dans le sens ou en cas de dégradation du temps de réponse d’un serveur, il est possible de passer dynamiquement sur une machine physiquement plus puissante, voir si besoin passer par un autre prestataire.

Nous avons très récemment parlé sur le blog, du développement durable chez SAP. On peut voir dans ce concept un pas dans la réduction de consommation d’électricité des serveurs qui sont mutualisés et non plus propres à chaque entreprise. Un bon point pour le développement durable !!

Les avantages pour l’utilisateur

Avec ce concept, les systèmes d’informations sont considérés comme un service, désormais l’utilisateur n’a plus le souci du fonctionnement des systèmes. L’agilité et la souplesse de ce service permettent à l’utilisateur de disposer de toute la puissance et de la haute disponibilité de l’informatique qu’il souhaite au moment voulu sans dépenser inutilement des frais importants dans des unités de puissance et de stockage mal utilisées comme on peut le voir avec les ordinateurs propriété des entreprises.

Avec ces plates-formes qui dématérialisent la puissance informatique, les machines physiques ne sont donc plus nécessaires en local. On peut imaginer que des terminaux type client légers pourraient suffire aux utilisateurs.

Avec déjà plusieurs acteurs sur le marché (Amazon Web Services, App Engine, Blue Cloud, New Generation Data Center …), reste à savoir comment SAP va se positionner sur le marché et sous quelle forme l’offre sera proposée aux utilisateurs (pourquoi pas en tant que Haas – Hardware as a Service).

Le “Cloud computing” oui mais à quel prix?

Le « Cloud computing » n’est peut être pas aussi attrayant qu’il en a l’air. En effet, il faut prendre en compte d’autres problématiques. Concrètement, comment procéder à la migration des applications vers les prestataires.

Est-ce aussi simple que veulent bien nous le faire croire les acteurs de ce marché ? Autant de questions qui peuvent freiner la motivation d’entreprises enthousiastes pour adopter ce concept.

La réalité semblerait donc bien différente. Les acteurs clés du marché (Amazon Web Services, salesforce force, Google App Engine et Microsoft Azure) imposent leur architecture offrant peu ou pas de flexibilité à la migration des applications des entreprises. Autrement dit ce sont les entreprises qui doivent adapter leurs modèles d’architecture aux contraintes du prestataire et non l’inverse.

Une barrière qui pourrait s’estomper à terme avec l’adoption de méthode de migration automatique plus flexible.

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