Le 28 Janvier dernier, Michael Saylor, CEO de MicroStrategy, annonçait à l’occasion de la conférence annuelle de l’éditeur à Las Vegas, le MicroStrategy World, le lancement d’un nouveau produit, disponible uniquement via le Cloud : le “Parallel Relational In-Memory Engine” , ou PRIME.

Communication de Michael Taylor / Twitter

Ce nouveau moteur in-Memory, qui n’est pas sans rappeler un certain HANA proposé par SAP, est le fruit de longs mois de collaboration avec le géant Facebook. Il est dédié à l’exploitation de bases de données très volumineuses (Big Data) et processus analytiques complexes, de façon “ultra-performante, intuitive et hautement scalable“.

L’annonce du partenariat entre MicroStrategy et Facebook avait par ailleurs provoqué un effet d’annonce très important, repris par toutes les équipes commerciales de l’éditeur dans le monde. En effet, Guy Bayes, Responsable BI de Facebook, avait lors du MicroStrategy World de 2013 à Barcelone vanté les mérites des ingénieurs, et du CEO, de MicroStrategy, soulignant au passage la prise de risque et la réactivité du groupe. Un an plus tard, le fruit de leur partenariat est prêt à être commercialisé, pour le plus grand bonheur des actionnaires de l’éditeur qui ont vu le cours de l’action bondir de plus de 8%.

PRIME, l’avenir du Big Data pour MicroStrategy

PRIME est une option proposée aux clients Cloud offrant, comme son nom l’indique, une parallélisation massive de bases de données en mémoire. Et c’est là-dessus que le rapprochement avec HANA semble évident. En effet, si il y a bien un argument qui fait la force du “champion” de SAP, c’est bien la parallélisation.

Jusqu’ici, MicroStrategy disposait déjà d’un moteur analytique In-Memory puissant (OLAP), permettant de multiples calculs et analyses sur des volumes importants (quelques millions de lignes). Là ou PRIME ouvre de nouvelles perspectives, c’est qu’il va permettre de gérer des processus sur des bases de données complexes de plusieurs téraoctets.

Ci-après, les avancées majeures par rapport au moteur OLAP existant :

Comparaison OLAP vs PRIME

Cependant, le transfert d’un tel volume de données depuis une database client vers le datacenter de l’éditeur, situé aux Etats-Unis, peut poser problème… Notons tout de même que l’ “Incremental Refresh“, proposé depuis la version 9.2, peut être une solution pour contourner ce type de contraintes.

MicroStrategy PRIME combine, comme l’indique la press release du 28 Janvier :

Une architecture en mémoire massivement parallélisée et distribuée : Utilisation autonome et partitionnée entre des centaines de CPUs pour répondre à des problématiques d’analyses complexes et volumineuses

Un moteur de visualisation pour des Dashboards ergonomiques et user-friendly : intégration de la technologie “MicroStrategy Analytics Platform”, comportant de nombreuses améliorations dédiées au In-Memory visant à répondre encore plus rapidement aux besoins des utilisateurs

Un ensemble de services pour un déploiement rapide : mise à disposition de l’infrastructure de support et conseil Cloud afin de permettre une livraison rapide des projets

Qu’attendre de PRIME ?

En conclusion, que l’on regarde coté éditeur ou client, PRIME permet de mettre en perspective des objectifs différents mais néanmoins compatibles.

Les clients Cloud bénéficiant de cette option, dont le prix catalogue n’est pour l’heure pas connu, pourront envisager de “sauter” la case datawarehouse lors de projets de mise en place de MicroStrategy. En effet, on peut attendre d’un tel outil une capacité à transformer, préparer et croiser les données de sorte à remplacer les processus planifiés gérés jusqu’ici par les outils de DW du marché. Est-il possible qu’une simple connexion à un environnement transactionnel complexe suffise pour conduire des analyses efficaces et visuellement à la pointe ?

L’éditeur américain quant à lui ne cache pas sa volonté de faire adopter plus largement sa plateforme Cloud, qui, notamment en Europe, peine à décoller. Doit-on s’attendre à ce que les prochaines avancées de MicroStrategy soient systématiquement délivrées dans le Cloud en première instance ?

Attention cependant, quelques limites ont été annoncées quant à l’intégration avec certains front-end, comme… par exemple… SAP HANA.

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