En 2017, le Magic Quadrant BI du Gartner secoue la BI, pas avec son classique schéma, mais avec sa vision

Février, c’est le mois du ski et de la nouvelle cuvée du “Magic Quadrant for Business Intelligence and Analytics Platforms” du Gartner.
Après la révolution de 2016, 2017 est en ligne avec l’année précédente.

Voir l’article : BI Magic Quadrant 2016 du Gartner : le début d’une nouvelle ère ?

Le MQ c’est bien entendu ce schéma que vous avez vu déjà 50 fois, mais aussi une synthèse de la vision du Gartner en ce qui concerne le futur de la BI. C’est la partie la plus intéressante, et peut être la moins lue !

Place au “Smart Data Discovery”

La phase “Exploration de données” ou “Data visualisation” est derrière nous… Et est maitrisée par la plupart des éditeurs.

A year later, in 2017, there is significant evidence to suggest that the BI and analytics platform market’s multiyear transition to modern agile business-led analytics is now mainstream.


Exemple “extrème” de data viz (Ross Crooks)

Le problème, c’est que l’exploration de données est manuelle. Elle comporte donc un biais probable, à savoir l’utilisateur !

Et selon le Gartner, la prochaine grande rupture est le Smart Data Discovey, à savoir l’application de l’intelligence artificielle à la BI.

Smart data discovery — introduced by IBM Watson Analytics and BeyondCore (acquired by Salesforce as of September 2016) — leverages machine learning to automate the analytics workflow

Autant les grands éditeurs historiques – tels que IBM et SAP – étaient en retard sur la vague data-discovery, autant ils ont une petite longueur d’avance sur le “Smart Discovery” par rapport aux champions de la dataviz tels que Tableau, Qlik et TIBCO Spotfire.

Consistent with the classic innovator’s dilemma, many of the traditional BI vendors (such as IBM and SAP(…)) were slow to adjust to the shift to modern BI. However, they have been ahead of the current modern BI disruptors — Tableau, Qlik and TIBCO Spotfire — now facing their own innovator’s dilemma regarding investment in the next smart data discovery market wave.

Gros changements à attendre en perspective pour la version 2018 du Magic Quadrant ?

Place au Cloud

Le Gartner a aussi constaté que le Cloud (pour la BI) était en forte hausse. L’intérêt est même passé de 45% des sondés (stable pendant 3 ans) à 51% cette année. La hausse venant essentiellement de l’IT !

Il est vrai que l’utilisation de plus en plus mainstream d’application Cloud dans les entreprises, pose de plus en plus de problème à la BI. Qui a bien souvent du mal à gérer les efficacement les paysages hybrides.

Voir l’article : Top 4 des challenges de la Business Intelligence en 2017

Le Gartner prédit même que la BI Cloud, représentera plus de la moitié des ventes en 2020.

Revenons au BI Magic Quadrant 2017.

source : Gartner – Février 2017

En terme de mouvement, cela donne :

Source : Thomas Wieberneit

A première vue, deux grands gagnants… Microsoft et Tableau qui montent dans les sommets de la catégorie leader. On peut citer aussi Salesforce qui entre en force dans le MQ (nous y reviendrons). Les autres sont presque tous en baisse.

Le cahier des charges du Gartner.

Le Gartner annonce avoir “benchmarké” les éditeurs sur 5 scénarii. C’est important car ce ne sont pas des fonctions que la plupart des gens attendent, en premier, d’une plateforme BI. Et cela explique aussi quelques positionnements dans le MQ qui sont, à première vue, étranges :

  • Agile Centralized BI Provisioning. c’est la capacité à supporter des “agile IT-enabled workflow”, a noter , et c’est important, que nous passons en 2016 d’une capacité Self service (data preparation) à une gestion des données gouvernée par l’IT en 2017.
  • Decentralized Analytics., soit la capacité à supporter un workflow des datas jusqu’à la BI Self Service, à l’échelle de l’individu et du département.
  • Governed Data Discovery. C’est à dire la capacité à faire passer des données d’un usage self-service vers un usage partagé, gouverné, réutilisable et maîtrisé.
  • OEM or Embedded BI. ou la capacité à s’intégrer dans les process métiers.
  • Extranet Deployment. c’est le “agile centralized BI provisioning” mais pour les clients externes.

On ne le répétera jamais assez, il faut lire le document et ne pas se contenter du Quadrant… Qui est certe graphique, mais parfois (souvent) trompeur.

C’est tellement vrai que Cindi Howson, l’un des auteurs de ce Quadrant, a publié un article de blog intitulé : “Biggest Mistakes To Avoid When Reading the Magic Quadrant”… Où l’on apprend en gros que :

  • L’axe “ability to execute” concerne les capacités actuelles de l’outil mais aussi les futures capacités. Ce que l’on peut encore l’interpréter comme une combinaison des capacités du produit, des résultats financiers et de l’excellence opérationnelle de l’éditeur”.
  • L’axe “completeness of vision” ne concerne PAS uniquement la roadmap produit. Elle couvre aussi la compréhension du marché, la stratégie sur le marketing et la verticalisation des solutions.
  • Qu’il faut lire tout le document.
  • Qu’il ne faut pas se contenter de lire ce MQ pour choisir sa solution. Mais regarder beaucoup plus large que cela…

Et l’on comprend surtout que ce MQ a du faire un gros scandale auprès des éditeurs et que le Gartner essaie de limiter un peu la casse…

Focus sur les leaders.

Microsoft.

C’est le grand gagnant de la cuvée 2017 (même si c’est un leader depuis très longtemps)… C’est la suite Power BI (basée sur Azure) qui est ici évaluée. les traditionnels Microsoft Reporting Services et Analysis Services ne sont pas dans le scope.
Microsoft semble surtout être porté par le pronostic du Gartner que en 2020 (demain !), une partie non négligeable de la consommation de BI se fera par la voix… Pensez Siri ou Cortana !

“By 2020, natural-language generation and artificial intelligence will be a standard feature of 90% of modern BI platforms.”

Si ce pronostic s’avère exact, Microsoft est effectivement bien placé pour l’avenir.

Les faiblesses de l’éditeur semblent assez importantes : le Gartner parle de l’immaturité du produit (il manque encore des fonctions), de son manque de profondeur (les clients l’utilisent souvent pour des rapports statiques et des dashboards. Par contre, peu d’utilisation pour les autres grandes familles d’usage de la BI)… Assez surprenant pour le N°1 !

On peut penser que c’est la note “future Ability to execute” qui beaucoup joué dans le placement de MSFT.

Qlikview

C’est le seul leader qui baisse, et il s’en ai fallu de peu pour qu’il quitte la zone des leaders. Qlik est pénalisé par la transition entre un Qlikview historique et Qlik Sense, ce dernier étant d’après le Gartner moins mature.

Par ailleurs, le retrait de Qlik de la bourse par Thomas Bravo en septembre dernier semble – d’après nos informations – avoir largement impacté l’entreprise. Ce point est une source d’inquiétude relativement forte en ce qui concerne la roadmap future. D’autant plus que Qlik est un peu en retard par rapport au marché en ce qui concerne la smart data discovery.

Tableau

Champion toute catégorie de la “dataviz”, Tableau truste la catégorie leader depuis un moment.

D’après le Gartner, bien que Tableau soit perçu comme un des leaders, la croissance est en panne. C’est en partie à cause de la pression de Microsoft (sur les prix et les fonctions). Mais aussi à causes des vendeurs BI traditionnels qui sont déjà présent chez les clients. Et qui “chassent” Tableau grâce à leur produits qui ont fait beaucoup de progrès.

Focus quelques autres éditeurs

Domo

Solution que nous apprécions particulièrement chez Censio, Domo offre une solution de BI Cloud pour le Cloud. Même si les autres données sont bien entendu gérées ! Le cabinet confirme ce que nous pensons de Domo à savoir que ces avantages sont multiples :

  • Déploiements ultra rapides : on en a beaucoup parlé, mais c’est effectivement très très impressionnant
  • facilité d’usage : même votre patron peut y arriver !
  • Business Value : de part sa facilité d’usage, les clients de Domo annoncent des gains Business importants
  • Scalabilité (Growing data and deployment sizes) : Domo gère de plus en plus d’utilisateurs et des datasets de plus en plus importants… Tout en gardant la satisfaction client sur ce point

Selon nous chez Censio, c’est un acteur à suivre…

Voir aussi : La Business Intelligence (beaucoup) plus rapide pour vos applications Cloud avec Domo

Décourir Domo et écouter le témoignage d’un client Français ? C’est le 9 mars 2017 à Paris.

SAP

Comme en 2016, ce Magic Quadrant se concentre exclusivement sur Lumira en combinaison avec la plateforme BI4 et le petit nouveau SAP BusinessObjects Cloud.
[ce qui veut dire que Design Studio, Dashboards Design, Crystal Reports, Web Intelligence et Analysis for Office se sont pas étudiés !]

BO Cloud est un produit récent, et bien que celui ci progresse de semaine en semaine (vive le Cloud) et fait l’objet d’investissements massifs de la part de SAP (qui a annoncé en janvier avoir recruté 90 (!) développeurs supplémentaires). A noter que SAP travaille d’arrache pied sur les parties prédictives et intelligence artificielle qui devraient plaire au Gartner

Voir aussi : A la découverte de SAP BusinessObjects Cloud

Voir aussi : SAP BusinessObjects 4.2 se dévoile en vidéo

MicroStrategy

Comme chaque année, MicroStrategy reçoit des louanges pour sa plateforme totalement intégrée capable de gérer d’une part de très gros volumes (de données et de users) mais aussi tous les types de BI.

Enfin , le Gartner explique que MicroStategy ne figure pas dans le quadrant des leader à cause de sa faible croissance (malgré un bon produit), et de ses problèmes liés au support (qui sont en nette amélioration).

Voir l’article : MicroStrategy 10 Secure Enterprise, on l’a testé pour vous

Salesforce

Pour commencer, c’est le rachat de BeyondCore (déjà présent dans le MQ 2016), renommé “Salesforce Analytics Cloud Smart Data” qui justifie cette entrée de Salesforce sur une place très honorable. A ce rachat vient s’ajouter les travaux et investissements de Salesforce dans l’intelligence artificielle

A noter tout de même que le Gartner signale que le prix est parfois un problème (nous avons aussi entendu souvent cela). Mais aussi que les produits de Salesforce n’ont pas fait leurs preuves en dehors de la base installée Salesforce (!)… A suivre donc.

Conclusion

Le BI a beaucoup évolué et risque donc de basculer dans une nouvelle phase de bouleversements.

Enfin, pour finir, nous ne résistons pas à la tentation de vous rapporter cette citation, qui rejoint ce que nous disons depuis des années chez Censio. La BI ne peut marcher que si le métier ET les DSI sont impliqués.

By 2020, organizations that offer users access to a curated catalog of internal and external data will realize twice the business value from analytics investments than those that do not.

Ce point, qui semblait avoir été oublié par le Gartner fait son grand retour… pour notre plus grande satisfaction.

Un RDV pour échanger sur votre stratégie BI ? c’est ici !

Un commentaire pour “Gartner Magic Quadrant BI 2017 – la BI entre dans l’ère de l’intelligence artificielle ?”

  1. MisterBI dit :

    Eh oui, on a vendu du Qlik et du Tableau sans se préoccuper de leur pérennité.
    Comme d’habitude on prétend faire des plans à plus ou moins long terme mais on se focalise sur le besoin présent. Bientôt il faudra payer la facture…

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