On en entend parler un peu partout.  Mobile ceci, mobile cela – la BI est enfin prête pour le (tout) petit écran.  Peut-être, mais qu’en est-il vraiment?

Longtemps limités, les “smartphones” sont maintenant capables vraiment d’apporter un plus en entreprise.  Les écrans deviennent d’une taille, d’une résolution et d’une qualité respectables, et avec les interfaces “touch”, il devient facile d’interagir avec les applications et les pages web.

Il reste une question de connectivité, que chaque entreprise doit résoudre selon ses besoins:

  • Est-ce qu’on utilise des terminaux de type BlackBerry, toujours connectés, avec les données “fraiches” livrées automatiquement sur le terminal en mode Push.  Intéressant lorsque l’utilisateur est dans son pays d’origine – mais comment maîtriser les coûts lorsqu’on est en déplacement?
  • Est-ce qu’on utilise des terminaux de type Windows Mobile, une connexion en 3G (donc d’une vitesse respectable), mais avec un browser web d’une qualité somme toute juste acceptable
  • Est-ce qu’on utilise un terminal type iPhone, avec un bon browser Web qui fait croire au serveur que c’est un browser “normal” de desktop, et on laisse l’utilisateur zoomer/dé zoomer, scroller à volonté sur une page – globalement est-ce qu’on ne fait rien de spécial pour le mobile.  MicroStrategy met en avant cette possibilité – sauf qu’avec cette plateforme, c’est le serveur qui donne des pages adaptées au terminal, et non le terminal lui-même qui s’en occupe – un gain certain d’utilisation, surtout si le processeur du terminal n’est pas très puissant)
  • Est-ce qu’on développe des applications pour les terminaux (le chemin favorisé par BO), ce qui permet  d’adapter les requêtes existantes aux contraintes de l’écran, et en plus qui permet une gestion des données “en cache”, afin de pouvoir accéder aux informations même quand le terminal n’est pas connecté au serveur.  Dans ce cas de figure, il faut aussi se poser la question des mises à jour des applications – comment gère-t-on des bugs dans les applications, de nouveaux cubes d’analyse, etc?  (surtout lorsque l’application a été déployée sur des centaines de terminaux)
  • Est-ce qu’on a besoin de plus que de la présentation pure de données?  Par exemple, SAP propose une solution d’application sur écran mobile avec Webdynpro mobile.  Cette option est très séduisante pour des applications de type CRM, où saisir des informations en temps réel peut être très utile, mais là encore, il faut bien gérer les cas où le terminal n’est pas connecté (mettre les informations en cache jusqu’à la prochaine connexion, par exemple)

En même temps que la question de connectivité, il faut penser à la sécurité.  Les terminaux mobiles sont très facilement perdus, voire même volés.  Si on a des informations en mémoire cache sur le terminal, jusqu’à quel point est-ce préjudiciable pour l’entreprise si ces informations sont répandues?

Un point supplémentaire à aborder, mais qui est présent dans tout projet de BI, est la notion de “single truth”.  Lorsqu’on parle de rentabilité par exemple, est-ce qu’on est sûr d’utiliser exactement la même construction partout dans notre paysage BI – mobile ou pas?  C’est une question qui est déja problématique dans des projets BI classiques, avec parfois deux ou trois colonnes, selon les requêtes que l’on lance, qui ont le même libellé mais pas du tout la même construction.  Le coté mobile ne peut que complexifier cette question.

Sans doute l’aspect le plus important à retenir, c’est l’utilisateur.  Un utilisateur devant un ordinateur, à son bureau, et un utilisateur devant son terminal mobile, ce n’est pas du tout la même chose.  Au bureau, l’utilisateur est captif – les nuisances sont beaucoup moindres que lorsque l’utilisateur est dans le bus, en réunion, dans la rue – ou même tout simplement chez lui (qui a dit “Facebook”?).  Lorsqu’on conçoit une solution mobile, il ne faut surtout pas perdre de vue ce point – et développer en conséquence.  Peu d’informations à la fois, les données clés, une présentation simple et claire.

Pour résumer, et en 6 lignes.  Il faut bien faire attention à :

  • les coûts de connexion
  • la sécurité des informations – que ce soit sur le réseau ou sur le terminal
  • les mises à jour d’applications mobiles – comment allez-vous gérer ça?
  • la notion de “single truth” partout sur le paysage
  • l’ergonomie de votre application BI – est-ce qu’elle arrivera a capter l’attention de vos utilisateurs?
  • la fraicheur des données vs. la sécurité vs. les coûts

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